
Après près de trois ans de travail, le Groupe Softway Medical décroche le référencement de sa DRIMbox pour la vague 2 du Ségur du numérique en santé. Place maintenant aux premiers déploiements, puis à leur industrialisation. Élise Lozac’h, Product Owner, et Audrey Cordobes, cheffe des ventes, reviennent sur les enjeux techniques, les usages et le passage à l’échelle.
« Avec le Ségur V2, nous changeons d’échelle puisque nous allons permettre l’accès aux images elles-mêmes. »
Elise Lozac’h, Product Owner
Pour commencer, qu’est-ce que la vague 2 du Ségur va concrètement changer pour les professionnels de l’imagerie ?
Élise Lozac’h, Product Owner : La vague 1 a permis une première avancée importante : rendre les comptes rendus d’imagerie plus facilement accessibles aux professionnels de santé et aux patients, notamment à travers le DMP et Mon espace santé.
Avec la vague 2, nous changeons d’échelle puisque nous allons permettre l’accès aux images elles-mêmes.
L’objectif du dispositif DRIM-M est de faciliter l’accès aux examens réalisés dans d’autres établissements, dans un cadre national, sécurisé et interopérable.
Pour y parvenir, les sites producteurs d’images vont s’équiper d’une DRIMbox connectée à cet écosystème national. La vague 2 prévoit également des évolutions du RIS, notamment autour de la consultation du DMP et de l’intégration des documents reçus via MSSanté.
Audrey Cordobes, cheffe des ventes : Pour les professionnels, l’enjeu est très concret.
Aujourd’hui encore, récupérer un examen réalisé ailleurs peut nécessiter plusieurs manipulations : solliciter le centre producteur, récupérer les images via un support ou un portail, les intégrer au PACS…
L’ambition de DRIM-M est de fluidifier ce parcours.
Pour le radiologue, l’enjeu n’est finalement pas de savoir comment fonctionne la DRIMbox. Il est de pouvoir disposer plus simplement des examens et des antériorités utiles à son diagnostic, au moment où il en a besoin.
C’est là que le Ségur peut avoir un impact très concret sur les usages.
Vous venez d’obtenir votre référencement. Que représente cette étape pour Softway Medical ?
Élise Lozac’h, Product Owner : C’est l’aboutissement de près de trois années de travail, mais certainement pas la fin du projet.
Le référencement ne consiste pas simplement à développer une nouvelle fonctionnalité. Il faut répondre à des exigences importantes en matière d’interopérabilité, de sécurité, d’architecture, de qualité et produire l’ensemble des preuves nécessaires.
Nous avons mobilisé une équipe transverse d’environ 50 personnes : R&D, produit, architecture, interopérabilité, qualité, réglementaire, projets, commerce et opérations.
Cela donne une idée de l’ampleur du programme.
Audrey Cordobes, cheffe des ventes : Nous bénéficions également de l’expérience acquise lors de la vague 1.
Nous avons alors déployé le Ségur sur l’ensemble de notre parc concerné, ce qui a représenté environ 25 % des sites équipés sur le couloir radiologie en France.
Cette expérience est importante car obtenir le référencement est une chose ; être capable ensuite de déployer la solution à grande échelle sans perturber l’activité des établissements et des cabinets en est une autre.
Et c’est précisément le défi qui commence maintenant.
De nombreux acteurs proposent aujourd’hui une DRIMbox. Sur quoi avez-vous cherché à vous différencier ?
Élise Lozac’h, Product Owner : Nous avons fait un choix structurant : ne pas considérer la DRIMbox comme une simple réponse à une obligation réglementaire.
Nous l’avons conçue comme un véritable produit, avec une trajectoire qui doit aller au-delà du seul référencement.
DRIMbox Manager et Proxy Manager sont développés par les équipes Softway Medical. Cette maîtrise technologique nous permet de piloter directement les évolutions de la solution et son intégration dans notre écosystème.
Nous avons également fait le choix d’une architecture hébergée afin de limiter les infrastructures supplémentaires à installer et à administrer localement chez nos clients.
Mais le sujet auquel nous avons probablement consacré le plus d’attention est l’usage.
Derrière DRIM-M, il existe une vraie complexité technologique. Notre conviction est simple : cette complexité doit être absorbée par la solution et par nos équipes, pas reportée sur le radiologue.
Justement, qu’est-ce que cela change dans le quotidien du radiologue ?
Élise Lozac’h, Product Owner : C’est probablement la question la plus importante.
Le radiologue ne doit pas avoir un outil supplémentaire à ouvrir ou une nouvelle succession de clics à effectuer.
C’est pour cette raison que nous avons travaillé sur l’intégration de la DRIMbox directement dans le RIS et dans le workflow du radiologue.
L’objectif est qu’il puisse accéder plus simplement aux examens et aux antériorités dont il a besoin, avec le moins de manipulations possible.
Les radiologues doivent interpréter toujours plus d’examens dans un temps contraint. Si nous ajoutons de la complexité, nous avons raté notre objectif.
Audrey Cordobes, cheffe des ventes : Et cette simplicité doit également exister côté établissement.
Notre approche consiste donc à accompagner le client sur l’ensemble du parcours : démarches Ségur, préparation technique, installation, formation puis exploitation.
Une fois la solution déployée, nos équipes continuent à l’administrer et à la superviser 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Notre objectif est finalement assez simple : rendre la complexité la moins visible possible, aussi bien pour le radiologue que pour les équipes qui exploitent la solution.
« Notre mission : concrétiser localement, chez chacun de nos clients, ce programme d’envergure nationale. »
Audrey Cordobes, Cheffe des ventes
Où en êtes-vous aujourd’hui du déploiement ?
Audrey Cordobes, cheffe des ventes : Nous entrons maintenant dans une phase très opérationnelle.
Notre mission, c’est de concrétiser localement, chez chacun de nos clients, ce programme d’envergure nationale.
Trois sites préfigurateurs vont nous permettre de confronter la solution aux conditions réelles d’exploitation et de capitaliser sur les premiers retours terrain avant la généralisation des déploiements.
La dynamique est déjà engagée puisque 90 de nos clients ont signé leur bon de commande pour notre DRIMbox.
C’est évidemment un signal de confiance, mais cela crée surtout une responsabilité : être capable de transformer cette dynamique commerciale en déploiements réussis.
Notre priorité est donc désormais l’industrialisation.
Comment prépare-t-on le passage de trois sites préfigurateurs à plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de déploiements ?
Audrey Cordobes, cheffe des ventes : C’est précisément là que notre expérience de la vague 1 prend tout son sens.
Nous préparons dès maintenant les processus, les ressources et les outils nécessaires pour industrialiser les déploiements sur nos différents environnements : DRIMbox Manager, ONE MANAGER, VENUS et SYNAPSE, aussi bien en radiologie qu’en médecine nucléaire.
L’enjeu n’est pas simplement d’aller vite. Il faut être capable de déployer à grande échelle tout en conservant le même niveau de qualité et en limitant au maximum l’impact sur l’activité des clients.
Nous abordons donc cette phase comme un véritable programme industriel.
Une fois la généralisation engagée, le produit continuera-t-il à évoluer ?
Élise Lozac’h, Product Owner : Oui, et c’est même un point essentiel de notre démarche.
Le référencement constitue un socle, pas une ligne d’arrivée.
Les premiers déploiements vont nous permettre de recueillir les usages et les retours des utilisateurs en conditions réelles. Une équipe dédiée a été mise en place pour suivre ces retours et faire évoluer la solution.
Notre DRIMbox est déjà intégrée à notre RIS et nous voulons continuer à enrichir cette intégration pour optimiser le workflow : accès aux examens et aux antériorités, réduction des manipulations et automatisation des tâches à faible valeur ajoutée.
À terme, l’IA ouvre également des perspectives intéressantes pour exploiter plus intelligemment l’information disponible et automatiser certaines étapes.
« La technologie derrière DRIM-M est complexe. Son usage, lui, ne doit pas l’être. »
Elise Lozac’h, Product Owner
Finalement, quelle serait pour vous la réussite de ce projet dans deux ou trois ans ?
Audrey Cordobes, cheffe des ventes : Que nos clients aient presque oublié qu’il existe une DRIMbox derrière tout cela.
Si les établissements peuvent échanger plus facilement les examens, si les équipes passent moins de temps à gérer la complexité technique et si le dispositif est fiable au quotidien, nous aurons réussi une première partie de notre mission.
Élise Lozac’h, Product Owner : Et pour le radiologue, la réussite serait encore plus simple : qu’il puisse disposer de la bonne information et des bonnes antériorités, au bon moment, directement dans son environnement de travail.
La technologie derrière DRIM-M est complexe. Son usage, lui, ne doit pas l’être.